Les sirènes de Sein
Dans le Raz de Sein, passage redoutable entre l’Île et la pointe du Raz, vivent les sirènes — descendantes de la jeune druidesse qui se jeta à la mer. Elles chantent pour attirer les marins. Mais leur chant a deux sens, dit la tradition: il perd celui qui les regarde, sauve celui qui ne regarde pas.
1 Le double sens
Le chant des sirènes du Raz est en breton ancien, mais avec deux niveaux: le sens premier appelle le marin à venir «voir d’où vient la voix». Si le marin lève la tête et regarde, il est perdu — le courant l’aspire. Le sens caché (que seul un marin baptisé et qui n’a jamais menti à sa femme peut entendre) dit: «Mets le cap au sud-sud-est et baisse les yeux.» Ce cap exact mène à la passe du Four où le courant est moins fort. Les Sennanes (femmes de Sein) ont enseigné ce double sens à leurs fils, génération après génération.
2 Le marin Per
En 1894 le matélot Per Cuillandre de Sein, vingt-trois ans, fiancé à Mari-Yvonne, traversait le Raz par très gros temps. Il entendit les sirènes. Il avait promis à Mari-Yvonne de ne plus jamais lui mentir — et tenait parole depuis trois ans. Il entendit les deux sens. Il baissa les yeux, mit le cap sud-sud-est, passa par le Four. Toutes les autres barques de la flottille, dont les patrons avaient menti une fois ou l’autre, levèrent les yeux et périrent. Per arriva seul à Audierne. Le maire d’Audierne lui dit: «C’est un miracle.» Per répondit: «C’est de l’honnêteté.»
Vie FelineKattengedrag en vachtverzorging
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